Edvige aux mains d'argent

Il est intéressant de constater qu'après la constitution de moult fichiers recensant les criminels notoire (que l'on note donc) qu'utilise déjà la police, c'est à la constitution d'un fichier qui va enregistrer les acteurs politiques et sociaux du pays que la grogne monte.

Auparavant, tant que les fichiers ne conservaient que des informations sur les personnes clairement impliqués dans des faits répréhensibles, les syndicalistes et autres politiciens ne se sentaient pas directement visés, sauf pour ceux bien sûr qui se sont fait prendre. Mais désormais, alors que des personnes au sein de l'état et du gouvernement vont pouvoir accéder par exemple au patrimoine d'une personne exerçant, ayant exercé ou même simplement ayant sollicité l'exercice d'une charge publique, les boucliers se lèvent (décidément il y a beaucoup de boucliers avec cette gouvernance)

Nos politiciens et syndicalistes sont-ils concernés par nos libertés ou bien auraient-ils soudain peur qu'un fonctionnaire zélé ne puisse découvrir des malversations?

Mais qu'est ce donc que ce fichier alors?
D'après le site du service public ce fichier est susceptible de recenser certaines personnes publiques (politiques, syndicales, religieuses) ou encore sur certains individus (ou groupes) susceptibles de porter atteinte à l’ordre public. et d'enregistrer les concernants des informations telles que :

  • informations ayant trait à l’état civil et à la profession ;
  • adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ;
  • signes physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement ;
  • titres d’identité ;
  • immatriculation des véhicules ;
  • informations fiscales et patrimoniales ;
  • déplacements et antécédents judiciaires ;
  • motif de l’enregistrement des données ;
  • données relatives à l’environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle.

Il y a déjà au moins deux choses qui attire mon attention :la définition de susceptibles de porter atteinte à l’ordre public est à mon avis plutôt subjective et dépend bien du contexte dans lequel le fonctionnaire recueillant les données va se placer.
Et puis il y a les données relatives à l’environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle. Si je comprend bien le maire de ma ville en tant que personne publique peut être enregistré dans ce fichier, conséquemment si j'entretiens des relations avec ce monsieur, disons que je lui écris une lettre, ou que je prend un rendez-vous, pour lui suggérer des améliorations de mon quartier, je vais aussi être fiché. Ça va commencer à faire du monde dans ce fichier.

Qui pourra consulter le fichier?
On ne sait pas exactement, la CNIL n'a pas été informé précisément sur le sujet. Mais on peut déjà pensé que les services judiciaires sous toutes leur formes dans ce pays auront accès à ce fichier (si non je ne vois pas à quoi il sert). Le site du service publique dit : Collectées en vue d’informer le gouvernement et ses représentants dans les départements et les collectivités. Si je comprend bien le fichier sera aussi utilisable par le gouvernement et les préfets.

Que penser de tout cela?
Ma première réaction serait de penser que le gouvernement, le président et ses amis veulent constituer une base pour surveiller les petits délinquants (petits par l'âge puisqu'on peut être fiché dès l'âge de 13 ans, comme par exemple les enfants du maire de ma ville, qui entretiennent des relations directes et non fortuites avec cet homme public : vous vous rendez compte, ils dinent ensembles tous les soirs!) et puis aussi avoir des informations précieuse sur les adversaires politiques de Sarkozy et sa bande. Il n'est pas difficile d'imaginer qu'il doit se trouver dans un tel fichier des informations sur les escapades nocturnes et autre pratiques que la morale réprouve sur de nombreuses personnes. Il s'agit donc là de moyens de pression utiles en politique. Cela est cependant à double tranchant, car si, tant qu'ils sont au pouvoir, les ministres actuels peuvent influencer le fichier, y faire corriger des informations les concernant où même les effacer, quand le pays changera de gouvernement, ce qui arrivera tôt ou tard les autre feront de même et y trouveront alors des informations similaires sur leurs adversaires.

D'autre part en regardant la liste des informations qui vont être collectées je constate que toutes ces données existent déjà dans des fichiers. Certes distincts, les services fiscaux disposent d'informations très précises sur mon patrimoine, mais pas de photo, ni de renseignement sur mon comportement. La photo c'est les services d'état civil qui l'ont, quant à mon comportement, demandé ce que j'achète à ma banque, ou à mon magasin locale dont j'ai la carte pour bénéficier des promos. Pour mes opinions, lisez ce blog ou retrouvez moi sur facebook, vous aurez en même la liste des personnes qui me sont connectée. etc.... Un officier de police judiciaire compétent qui souhaiterait enquêter sur moi pour une raison quelconque retrouverait en une matinée tout au plus toutes ce informations. Donc pour l'homme de la rue ce fichier ne changera rien. Reste ceux qui n'ont pas de profil facebook et les syndicalistes qui ont eu une piscine gratuite. Aujourd'hui il me semble qu'un jeune de 13 ans qui n'a pas de compte facebook, ce n'est pas parce que, conscient que ces données peuvent être ont été vendues à n'importe qui, il souhaite garder l'anonymat. C'est juste que sa situation sociale ne lui offre pas d'accès à internet.

Le gain réel de ce fichier me semble être la rapidité d'accès et la centralisation des données. Un outil utile à la police sans doute. Je m'interroge quand même sur l'opportunité de l'accès du gouvernement ou de ses représentants locaux à ce fichier, d'autant que le présidence à déjà accès aux fichiers de renseignements généraux et à CRISTINA (fichier des services secrets). Vous avez remarquez que ces bases de données sulfureuses portent des noms féminins?

Il y a sans doute une question tout de même quand on constate tout cela. Tout cette collecte de données organisée n'est elle pas une forme de police politique, ceci n'étant pas créé par l'arrivée d'EDVIGE puisque les RG et la DST existaient préalablement à tout fichier.

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