Le Nouveau Monde

9/11Hier c'était le 11 septembre. Dans le monde occidental tout le monde se souvient de l'endroit où il se trouvait et de ce qu'il faisait ce jour là en 2001.
Bien sûr pour les Etats-Unis ce jour marque un changement majeur dans la façon de voir et traiter le monde. Il en est de même dans les autres pays. Cette date fut le début d'une nouvelle ère pour presque l'ensemble de la planète. Suite à cela les Etats-unis se sont lancé dans différentes guerres de représailles et de maintient de leur autorité. Deux choses furent démontrées lors de l'attaque des tours jumelles, la vulnérabilité des Etats-Unis, et la haine féroce que leurs ennemis leur porte. Deux éléments qui sont à la base des mouvements de libération lors des phases de décolonisations.

Après la victoire de la seconde guerre mondiale, une guerre où l'enjeu était celui du vingtième siècle : déterminer, quelle système ou quelle culture était supérieure à celle des autres. Une lutte qui a conduit aux dérapages que nous connaissons et que nous classons aujourd'hui dans les périodes les plus noires de l'humanité. Les Etats-Unis ont, en tout cas, prouvé à cette occasion la supériorité de leur modèle industriel, capable à partir de presque rien et en 4 années seulement de construire la plus énorme machine de guerre de tous les temps. Une telle démonstration à rallié du coté des Etats-unis le monde entier, à l'exception bien sûr des pays contrôlés par le bloc sovietique.

Dans le même temps les anciens empires coloniaux, dont celui de la France et du Royaume-Uni ce sont effondrés suite à la démonstration de faillibilité des colonisateurs.

A suivi une période d'environ 30 années où d'un coté la France et le Royaume-Uni perdaient leurs colonies, qui se ralliaient alors, presque de manière subliminale, au bloc du "monde libre". La peur d'une nouvelle guerre mondiale encore plus dévastatrice que la précédente aidant beaucoup.

Et puis le déclin a commencé à montrer le bout de son nez. Vers le milieu des années 70 les producteurs de pétrole ont montré au monde qu'ils entendaient rester maitres de leur ressources. Un pays à même résisté militairement à l'Amérique : le Vietnam. Ce cas isolé, loin, très loin du sol Etats-Unien ne suffît cependant pas à ébranler l'empire alors constitué, composé de plus des anciens pays dirigeant les précédentes colonies d'échelle mondiale.

Il fallut ajouter durant 20 années, diverses crises, parfois militaires mais souvent économiques, pour commencer à faire douter le monde. Et puis il y a eu l'Irak au début des années 90. Après avoir soutenu un régime, pourtant connu comme étant peu respectable face un à régime jugé encore moins respectable : celui de l'Iran, le monde occidental devait reprendre le contrôle d'un chien de guerre qu'il avait lui même formé (et ce n'était pas la première ni la dernière fois qu'un tel cas de figure se présentait). Les enjeux portant sur l'approvisionnement en énergie de l'empire était plus important que le bien être des administrés des marches extérieures. Et sont encore aujourd'hui le centre des tensions les plus explosives.

Le sentiment d'injustice et d'exploitation à travers le monde s'est nourri du malheur causé pour donner naissance à des courants de pensée fondamentalistes radicaux, toujours présents dans l'humanité tels des virus dormants, ne demandant que l'apparition d'hôtes adéquats pour se multiplier. Jusqu'au paroxysme de la lutte armée suicidaire contre le centre même de l'empire: les attentats du 11 septembre.

Jusqu'alors le modèle de la frontière américaine avait nourri le succès des Etats-Unis, reposant sur toujours plus de territoires à conquérir, jusque dans les années soixante et la conquête de l'espace. Seulement voila, il n'y a plus rien à posséder ici. Le monde entier est connu, et il est établi que l'espace, bien que l'humanité puisse le toucher du doigt n'est pas, en l'état actuel du monde, exploitable. La dernière frontière des Etats-Unis est alors la conquête des âmes. L'adhésion volontaire, ou du moins sans sentiment de contrainte, à un modèle de vie, celui du rêve Américain.

Entre les crises pétrolières et l'épisode de l'empire contre-attaque Al Qaïda, le monde entier s'est rendu compte que le mode de vie basé sur toujours plus de possession que l'on gaspille n'est pas une bonne affaire. D'abord parce qu'il est matériellement impossible que tout le monde en profite, ce qui créera donc des mécontentements à tel point que certains pensant ne plus rien avoir à perdre sont prêts à mourir pour se faire entendre. Et d'autre part, même si seulement 20% de la population mondiale profite de la corne d'abondance ce pourcentage va aller diminuant jusqu'à effondrement complet tant ces 20% consomment au delà de ce qu'on l'on essaie de quantifier comme raisonnable.

Un nouveau visage doit être donné à l'humanité, concernant ses échanges internes bien sûr mais aussi ses interactions avec cette endroit où elle vit : la Terre. Il n'est plus possible d'aller plus loin chercher plus de place, ou un endroit tranquille où vivre selon d'autres principes. C'est ici et maintenant que cela doit se faire. Le modèle d'économie de marché donne même des signes d'essoufflement, je parle des crises financières qui agitent aujourd'hui l'Amérique et conséquemment le monde.
Certains pays osent même ouvertement défier l'Amérique, apparemment sans craindre de représailles significatives, même si ces actions radicales proviennent souvent de personnes ou de régimes sur la voie dictatoriale.

La nouvelle frontière n'est plus celle de l'Amérique, qui en se radicalisant et en affirmant son fanatisme religieux a refusé pour le moment le changement (contre les accords de Kyoto par exemple), mais ce défi est bien celui du monde entier. Les espoirs de nouvelles technologies, en matière d'énergie notamment, offrent des possibilités pour de nouvelles politiques.

Le Nouveau Monde était de l'autre coté de l'Atlantique depuis 1492, il est désormais tout autour de nous.
Essayons de faire quelque chose de bien pour une fois.

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