Fluctuat nec mergitur... pour le moment

Je n'ai aucune formation en économie et c'est un sujet plutôt complexe. Nous vivons dans une monde ou l'économie globale est une économie de marché à tendance capitaliste. L'économie de marché c'est le mécanisme qui équilibre le prix des denrées économiques par la variation des demandes et des offres. Ainsi, un bien beaucoup demandé mais peu produit verra son prix monter, inversement un bien beaucoup produit et peu demandé verra son prix baisser. C'est un équilibre relativement naturel, en partie basé sur l'équilibre de la nature, notamment parce que beaucoup de denrées que nous recherchons dépendent de ressources naturelles, énergies fossiles, productions agricoles, etc...
Le capitalisme dans tout ça? Il s'agit selon moi d'une évolution de l'économie de marché, issu de la spéculation. En effet dans le but de contrôler les prix d'échange il est nécessaire de thésauriser/épargner. Conserver un réserve de biens que l'on ne met pas à l'offre pour que le rapport entre la demande et l'offre s'oriente en faveur de celui qui offre. Diminuer l'offre en espérant que la demande va monter c'est de la spéculation. Mais ce n'est pas le mécanisme essentiel du capitalisme. Ce mécanisme c'est le prêt. L'acteur économique qui peut conserver hors du marché une partie de l'offre, ne fait qu'espérer que la demande va augmenter. Celui qui prête incite l'augmentation de la demande. Comme dans tous les domaines d'activité humaine, la sophistication des procédés écarte la civilisation du seul équilibre naturel.
Le capitalisme est une réaction en chaine. En prêtant de l'argent on crée de nouveaux capitalistes qui tentent à leur tour d'épargner tout en prêtant, il y a une augmentation de la taille du capital mondial de départ par la multiplication des acteurs et par le taux d'intérêt. En effet pour que le système fonctionne il faut un taux d'intérêt, sans quoi comme le nom semble l'indiquer le mécanisme n'a aucun intérêt.

Les grands champions de ce système sont les banques qui passent le plus clair de leur temps à prêter et emprunter de l'argent, commodité économique universelle et parfaitement versatile.
Au cours du 20eme siècle cette commodité est devenue volatile, avec la disparition de l'étalon-or, qui garantissait la contrepartie de la monnaie en une denrée physique "palpable", interdisant notamment l'émission arbitraire de monnaie. Le système économique est alors entrée dans une nouvelle phase, celle de la confiance. La monnaie étant en quelque sorte devenue virtuelle, les échanges doivent se faire sur la confiance entre les acteurs économiques dans le fait que le bien échangé appartient bien d'une manière ou d'une autre à celui qui le vend.

Aujourd'hui les banques pour leurs activités se prêtent entre elles des liquidités, qu'elles prêtent alors à leur clients. Les taux de prêts interbancaire sont proche du taux d'intérêt des banques centrales, maintenant un certain équilibre dans les flux. Seulement voila en ce moment, les banques ont perdu confiance en leur collègues. La présence sur le marché de "crédit pourris" comme par exemple les "subprime" incite les banques prêteuses à augmenter leur taux d'intérêts pour diminuer leur risques. Le taux d'intérêt s'envole et menace d'empêcher les banques de réaliser leurs opérations quotidiennes. Le système frôle alors la paralysie.
La banque centrale peut alors injecter de l'argent dans les rouages pour "lubrifier la machine" en attendant que la confiance revienne. Une autre façon d'intervenir pour les banques centrales est le contrôle du taux d'intérêt directeur, action qui cependant influence un ensemble très large de paramètres économiques collatéraux.

Tous ces phénomènes se produisent en ce moment et c'est cela la crise financière. De cette faible compréhension des mécanismes qui est la mienne ce que je retient : c'est qu'il apparait possible d'écoper le fond de la barque, mais impossible de contrôler le niveau de la mer.

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