Le ver et la pomme

Ce matin je n'avais pas envie de parler politique, y en a marre de toutes ces gesticulations de cour d'école.
Le problème est grave mais simple. Le système s'est emballé car certains ont joué risqué. Ils ont perdu. Tant pis pour eux. C'est le monde de la finance qui est affecté, et cela pourrait bien avoir un impact crucial sur les capacité d'investissement des industries puisque les crédits devraient se tarir.

Heu...oui mais non. Les crédits à risques vont disparaître pour un moment. Mais les emprunts, bien étayé sur des projections solides eux vont continuer. Les banques ne vont pas s'arrêter de prêter de l'argent, elles ne vont plus le fournir à n'importe qui c'est tout. Alors ce sera dur surtout pour les particuliers, qui sont du point du vue d'une banque des n'importe qui. Encore faux. Prenons un exemple pour être bien clair.

Monsieur B, le banquier, dispose d'une somme d'argent, disons 260 000 brouzoufs. Monsieur et Madame J sont un jeune couple qui gagne un peu d'argent chaque mois, disons 4 000 brouzoufs. Ils ont besoin immédiatement de 260 000 brouzoufs pour s'acheter un nid. Ils vont voir Monsieur B qui leur prêtera cette somme à condition que Monsieur et Madame J remboursent 1 300 brouzoufs par mois pendant 25 ans. 25 ans c'est long et il peut arriver n'importe quoi alors, Monsieur B exige aussi que Monsieur et Madame J prennent une assurance vie qui remboursera l'argent en cas de disparition inopinée de l'un ou l'autre. Ainsi Monsieur B prend la couverture d'un assurance, qui peut être une autre banque et qui peut par conséquent dans le contexte actuel être douteuse. Il faut donc une garantie supplémentaire. Disons que Monsieur B ajoute en plus des clauses dans le contrat telles que si Monsieur et Madame J ne rembourse pas l'argent prêté alors Monsieur B sera le propriétaire légal du nid. Pour s'assurer que la mécanique est bien huilée et être certain du résultat Monsieur B engage Maître A, avocat à la cour, qui mettra en oeuvre toutes les démarche nécessaires pour expulser Monsieur et Madame J du nid en cas de défaut de paiement.
Si tout se passe comme on l'espère Monsieur et Madame J seront propriétaire de leur nid dans 25 ans. Ils auront payé à Monsieur B 390 000 brouzoufs, soit un bénéfice substantiel pour Monsieur B. Monsieur B aura aussi à payer Monsieur A mais gageons que cela coute moins de 130 000 brouzoufs surtout que dans ce cas de figure Monsieur A n'a pas eu à intervenir.
Si tout ne se passe pas comme il faut. Alors Monsieur B devra payer Monsieur A une somme substantielle lui permettant de faire valoir son droit contractuel. Monsieur B aura donc perçu pour la somme de 260 000 brouzoufs, plus des frais d'avocat (qu'il ne manquera pas d'imputer à Monsieur et Madame J en justice) un nid d'une valeur de 260 000 brouzoufs l'année de l'achat, plus la plus-value sur le bien immobilier durant toutes les années ou Monsieur et Madame J ont payé leur emprunt. Donc Monsieur B n'a rien perdu, peut être même que là encore il réalise un bénéfice, dépendant de la plus-value immobilière.

L'exemple des banques ne voulant plus prêter au particuliers que l'on voit dans les médias est celui-ci. Or dans le cas de prêt pour acquisition immobilière, le cas de figure présenté ci-dessus, et compte tenu du fait que l'immobilier est une valeur qui ne baisse jamais (sauf évidemment guerre massive ou pandémie réduisant considérablement la population, mais là je crois que les problème de Monsieur B, et bien tout le monde s'en fout) il me semble que ce genre de prêt est le meilleur investissement pour Monsieur B.

Il y a pour Monsieur B des investissements risqués, par exemple prêter cette même somme à l'entreprise E pour qu'elle achète un procédé de mélange chimique dans la fabrication de son lait (un exemple comme un autre n'est ce pas?). Dans la mesure ou Monsieur B ne peut placer une assurance vie sur l'entreprise E et les lois sur les faillites étant ce qu'elle sont les créanciers comme Monsieur B risquent de ne pas revoir leur argent en cas de problème dans l'entreprise E. Alors là oui, je pense que désormais Monsieur B devrait hésiter à prêter à l'entreprise E. C'est pourquoi il va en général pratiquer des taux de crédits plus élevés et plus courts que pour le couple J (se ménageant en cas de succès un bénéfice plus grand et plus rapide) Il est vrai que si l'entreprise E ne peut financer son innovation, Monsieur et Madame J risquent un jour de perdre leur travail et donc de devoir donner leur nid à Monsieur B. Mais est ce que cela ne signifie pas plutôt que l'entreprise E n'est déjà pas assez efficace face à ses concurrents qui eux peuvent se financer par le produit excellent de leur travail? Alors Monsieur et Madame B peuvent sans doute trouver un travail dans ces entreprises concurrentes plus performante.

On a là un phénomène de sélection Darwinien. Les entreprises comme E, ne sont tout simplement pas assez performantes pour un univers impitoyable comme celui-ci. Et alors? La Terre ne s'arrêtera pas de tourner, Monsieur et Madame J auront toujours besoin de leur nid et feront donc ce qui est utile (comme trouver un autre boulot) à la réalisation de leur projet, ainsi va la vie.

Et la politique alors? Puisque j'en parle au début. Et bien j'estime que les politiciens gesticulent dans leur bureau, sans doutes accaparés par des problèmes personnels. Ils veulent sauver les emplois de leurs amis directeurs de banque qui ont bien sûr financé leurs campagnes électorales, etc... Par conséquent ils refusent de nous présenter la vérité qui est certes cruelle mais équilibrée: laissons tomber cette pomme pourrie de l'arbre. L'année prochaine une pomme toute fraîche aura pris sa place et pendant l'automne moult nettoyeurs type vers et insectes auront su recycler la substance de la pomme perdue. Cet hiver il nous faudra peut être manger des vers (moins sucré je vous l'accorde, mais tout aussi énergétique), à moins bien sur que nous n'allions chercher des pommes dans l'arbre d'à coté.

Le plus énervant vraiment c'est ça : ONU: le sommet anti-pauvreté permet de lever 16 milliards de dollars
16 milliards pour sauver les pauvres, à mettre en relation avec les 700 milliards pour sauver les riches.

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