Presse purée

Nicolas à démarré ce matin les états généraux de la presse. Il semble que le secteur soit en crise. Mis en cause dès le premier jour : la presse gratuite. Gratuite... pour le lecteur en tout cas. Cette presse est évidemment financée par les annonceurs. Donc point de gratuité selon moi, il y a juste un glissement entre la tradition où le lecteur paye pour l'information, et ce mode de diffusion où c'est l'annonceur qui paye. On peut bien sûr s'interroger sur la qualité d'une telle presse. Si c'est l'annonceur qui fourni les fonds, j'imagine qu'a un moment de la chaine il doit y avoir des discussions sur l'orientation de la ligne éditoriale en fonction des participations de chaque annonceur.

C'est un modèle d'information, et il a sa place. Et puis il y a la presse qui fait payer ses lecteurs. Dans ce cas la ligne éditorial n'est pas dictée expressément par les clients, mais avouons tout de même qu'ils ont une influence. Certains journaux sont connus pour leur ligne politique par exemple et s'en écarter signifie pour eux une perte de clientèle. J'ai comme l'impression que la situation est bien similaire.

La vrai presse libre n'existe pas du moment où le journaliste à besoin qu'elle se vende pour vivre. Tout ce qu'il faut à la presse en général pour qu'elle soit, considérée dans son ensemble, libre, c'est de la diversité. Chaque journal nichant sa propre clientèle, parfois avec des recoupements d'ensembles, la totalité des informations diffusées devraient en toute logique faire apparaitre une vérité objective, à condition bien sûr de lire TOUTE la presse ce qui est impossible tant les points de vue et les influences sont diverses et innombrables.

Et puis n'oublions pas les nouvelles sources d'informations à disposition, comme par exemple ce blog. Si les bloggeurs ne sont pas des journalistes patentés dans la plupart des cas, il n'en font pas moins le même travail: collecter, diffuser et parfois expliquer l'information. Dans sa plus grande part la blogosphère est gratuite, financée par la publicité parfois, la différence avec la presse gratuite distribuée à l'entrée des stations de metro étant qu'en général le bloggeur ne connait pas son annonceur puisque c'est Google qui se charge d'appareiller l'article et la réclame. Souvent le blog n'est financé que par le temps que donne l'auteur, sans aucune publicité, comme un hobby dont le produit est offert gratuitement aux passants; la technologie à évoluée et permet maintenant à tout un chacun (enfin dans les pays riches) de produire ce que seul un professionnel entouré d'une structure lourde et bien huilée pouvait faire il y a cinquante ans. Encore une fois si le lecteur souhaite se documenter sur un sujet, il peut lire des centaines, voir des milliers d'articles différents traitant d'un sujet, se forgeant ainsi une opinion objective, une possibilité ni égalée ni égalable par les diffusions papier.

Un fois encore, un peu à la manière de la bataille d'arrière garde de l'industrie musicale, une corporation vieille d'un siècle (au moins) tente de figer le monde pour conserver son mode de vie.

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